Focus sur les travaux du projet routier kyabé-Singako

Le bitumage de la deuxième section du Corridor Sarh-Abéché confié à l’entreprise chinoise CGCOC s’étend petit à petit de la localité de Kyabé chef-lieu du département de Lac Iro vers la sous-préfecture de Singako distante de 72 kilomètres. Cela fait déjà environ dix (10) mois que l’entreprise adjudicataire et la mission de Contrôle CIRA sont sur la brèche pour mener à terme le chantier qui, devrait en principe être livré en avril 2019. Avec la centaine d’ouvriers et cadres tchadiens employés, l’avancement global des travaux est estimé à 7,5% au 23 avril 2018, pour un délai consommé de délais de 44% sur les vingt-deux (22) mois imparti au projet.

Des chiffres qui laissent penser que la date du 19 mai 2019, fixée pour la fin des travaux ne pourrait être respectée. Cet avancement des travaux comprenant aussi bien l’installation générale du chantier, l’installation du Maître d’Ouvrage, la mission de contrôle, les études d’exécution du projet, les travaux de dégagement et de préparation du terrain, les travaux d’enlèvement de la terre végétale et les travaux de terrassement. Présentement, les travaux se déroulent entre les points kilométriques 0+00 et 33+00, et concernent le nettoyage, le décapage, les déblais et remblais, les purges et la couche de forme. Sur le terrain, les engins et les camions de ramassage rivalisent d’ardeur à plusieurs endroits le long de 33 premiers kilomètres. Les engins creusent vident la boue qu’ils chargent dans des camions bens pour les déverser plus loin, d’autres camions ramènent du remblai qui sont déversées à la place de la boue enlevé pour constituer la couche de forme. A la carrière de production des granulats de Massagenga, située à environ 80 km de Kyabé, les engins et les machines sont à pieds d’œuvre  pour produire les agrégats nécessaires aux différentes couches de la route.

 


Le dimensionnement de la chaussée à reconstruire prévoit une couche de fondation de 25 cm en sable argileux amélioré au ciment, d’une couche de base de 15 cm en grave concassée 0/31,5 et un revêtement en enduit superficiel bicouche. La largeur de la plateforme est de 10 mètres, la largeur de la chaussée est de 7 mètres, la largeur des accotements est de 1,50 mètre. L’exécution du projet prévoit la construction de 61 ouvrages hydrauliques le long du tronçon dont deux (2) ponts cadre sur les cours d’eaux Minia et Koko des portées respectives de 30 et 50 m. L’ensemble de ces caractéristiques correspond à une vitesse de 50km/h. En marge de l’ouvrage principal, des infrastructures connexes sont prévues le long des zones traversées par le projet, à l’instar des stations de péages et de pesage, une aire de stationnement et de repos. Des infrastructures à caractère social seront aussi réalisées. Il s’agit entre autres, de l’aménagement de 61 kilomètres de pistes rurales connexes à la route principale,  la réhabilitation de trois (3) écoles, deux (2) centres de santé, la construction de trois (3) quais (rampes) d’embarquement pour animaux, dix (10) points d’eau dont deux (2) puits pastoraux ainsi que la fourniture de cent (100) charrettes aux associations féminines pour servir de moyen de transport intermédiaires.


Le coût global du projet est estimé à 52 168 357 137 de F CFA TTC, dont 50 970 824 465 F CFA pour les travaux et 1 197 532 672 F CFA pour le contrôle et la surveillance. Le financement est reparti bailleurs de fonds suivants: la Banque Africaine de Développement (BAD) 20%, la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BADEAC) 40%, le Fonds OPEP pour le développement International (OFID) 20% et l’Etat tchadien supporte 20% du montant du projet ainsi que toutes les taxes impôts et TVA. Le coût des infrastructures connexes est estimé à 3 687 779 539 F CFA soit 8,79% du coût global du projet.
Situé dans la région du Moyen Chari, précisément dans les départements du Lac Iro, ce tronçon en construction fait partie du corridor Sarh-Kyabé-Singako-Am-Timan-Goz-Beida-Abéché-frontière du Soudan. Une fois achevé, il contribuera à un meilleur accès aux services sociaux de bases et aux marchés locaux des produits agricoles, améliorera la mobilité sur le tronçon par la réduction du temps de parcours et le coût du transport en vue de dynamiser les échanges économiques entre le département du Lac Iro et le reste du pays. En dépit du retard accusé sur le planning d’activités, les responsables de l’entreprise rassurent que, si toutes les contingences climatiques, administratives et financières se font favorables, la route pourrait être achevée en fin du mois d’avril 219 comme le prévoit le contrat.


Dans les localités traversées, telles Balé Singako, Mayo et Yanga, quelques maisons ont été sacrifiées pour l’arrivée de la route. Un habitant ayant eu sa maison démolie, est quant à lui de tout cœur avec la construction de cette route bitumée, car estime-t-il, cette dernière sera d’une importance capitale pour la vie socioéconomique de la localité.

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